
Beaucoup de groupes religieux estiment que l’homosexualité est un péché. (« Même les bêtes ne s’abaissent pas à de pareilles pratiques », dit le primat anglican Peter Akinola, ce qui est d’ailleurs faux). Certains groupes (notamment religieux, et certaines associations de psychologues comme le N.A.R.T.H.) assimilent l’homosexualité à la pédérastie. L’homosexualité a ainsi longtemps été interdite et sévèrement punie dans de nombreux pays, soit en raison de l’orientation sexuelle elle-même, soit pour les pratiques qui peuvent en découler (pénétration anale, pénétration orale ou masturbation) sans qu’elles soient nécessairement propres aux homosexuels. Certains pensent que seul le passage à l’acte serait un péché alors que la tentation homosexuelle en elle-même ne le serait pas. Les plus radicaux voient dans l’homosexualité un vice dangereux pour la société et s’opposent fermement à sa banalisation comme une forme normale de sexualité.
Certains groupes mormons cherchant à « guérir » l’homosexualité utilisent des méthodes de conditionnement pavloviens sur des homosexuels en associant des images à des décharges électriques.
Il existe cependant de nombreuses associations homosexuelles se revendiquant d’une religion et qui souvent aident les croyants à vivre sereinement leur homosexualité en leur montrant qu’elle n’est pas incompatible avec leurs croyances. D'ailleurs la première association homosexuelle en France était une associations de jeunes croyants et pratiquants catholiques.
Christianisme et homosexualitéLa Bible est très explicite en ce qui concerne la condamnation de l’homosexualité. Il est toutefois important de noter qu’il existe de nombreux courants religieux et que tous ne reconnaissent pas l’ensemble de la Bible comme la loi de Dieu. Il existe surtout différentes interprétations des textes.
Quelles que soient ces interprétations, il est clair que la Bible condamne toute relation sexuelle n’ayant pas pour objectif la procréation (contrairement au Coran). L’homosexualité ne peut donc pas être acceptée par des religions bibliques, d’autant que l’homosexualité se pratique nécessairement hors des liens du mariage (dans le sens religieux du terme) et que toute relation sexuelle hors mariage est considérée comme un péché.
Islam et homosexualitéLe thème de l'homosexualité est principalement abordé dans le Coran par l’histoire de Lot qui apporte une condamnation claire. Il y est dit que le peuple de Lot fut le premier, dans l'histoire, à pratiquer l'homosexualité masculine. Bien que le châtiment de Dieu soit le même (la destruction de la ville), les termes employés pour qualifier les habitants sont cependant moins forts que ceux utilisés dans la Bible.
La charia, loi d'inspiration islamique, condamne très sérieusement l'homosexualité, puisque la récidive peut entraîner la peine de mort. C'est le cas en Algérie, en Arabie saoudite, au Bahreïn, au Bangladesh, en Bosnie, en Iran, en Jordanie, au Kazakhstan, au Kyrgyzstan, au Koweït, au Liban, en Libye, en Malaisie, en Mauritanie, à Oman, au Pakistan, au Qatar, au Soudan, en Syrie, au Tadjikistan, au Turkménistan, aux Émirats arabes unis et au Yémen. L'islam a également une influence significative et croissante au Sénégal, au Nigeria, au Tchad, au Maroc, en Somalie et dans les Philippines méridionales
Judaïsme et homosexualitéComme dans d'autres religions, l'homosexualité masculine dans le judaïsme est interdite. Les justifications sont de plusieurs ordres :
1. Textes du Lévitique où la relation sexuelle entre hommes est présentée comme une « abomination » ("Ne cohabite pas avec un homme comme avec une femme, c'est une abomination" : Levitique 18:22)
2. Condamnation du crime d'Onan, c'est-à-dire très précisément du fait de répandre la semence masculine hors du corps d'une femme. Il est utile de remarquer que la sodomie de la femme consentante, est une pratique sexuelle autorisée.
3. Centralité du commandement de la Torah « Tu enfanteras ». L'impératif de procréation ne s'adresse cependant qu'aux hommes, ce qui au passage permet de justifier dans certains cas la contraception.
4. Importance du mariage dans le judaïsme (à la différence du christianisme, célibat et chasteté ne sont absolument pas recommandés).
On peut alors faire plusieurs remarques :
* silence absolu de la Torah sur l'homosexualité féminine (cela ne veut pas dire qu'elle est considérée ni favorablement ni défavorablement)
* le désir homosexuel n'est pas condamné.
* la Loi léviratique (non applicable aujourd'hui) prévoit la peine capitale. Lévitique 20:13 précise: "Lorsqu’un homme couche avec un mâle comme on couche avec une femme, tous deux ont fait une chose détestable. Ils doivent être mis à mort. Leur sang est sur eux."
Il semble que de la même façon que la tradition juive interdit à un homme de s'unir sexuellement avec une femme mariée à un autre homme, ainsi exige-t-elle d'un homme de s'interdire toute relation amoureuse avec un autre homme, quel que puisse être le degré d'amour qu'il ressent pour lui. C'est en tous cas l'attitude des rabbins orthodoxes, même si les positions sont en fait souvent beaucoup plus complexes (le rabbin Steven Greenberg notamment).
Les courants libéraux du judaïsme acceptent l'homosexualité, y compris pour les rabbins dans le cas du judaïsme Reform américain.
En France, le Beit Haverim milite dans le sens d'une plus grande reconnaissance.
Bouddhisme et homosexualitéLe bouddhisme ne s’intéresse généralement pas aux questions liées à la sexualité comme à toute autre question relevant de la sphère intime. Les seules règles existantes sont celles concernant les religieux bouddhistes. Dans ce cas l’homosexualité est proscrite au même titre que l’hétérosexualité, exception faite de certains courants, par exemple l'ordre des bonnets rouges du bouddhisme tibétain où le mariage (hétérosexuel dans ce cas) des moines est toléré.
Dans la religion bouddhiste, la règle est le respect de tous et de toutes les différences (dans les limites de la condamnation des violences et actes forcés). Il est également question de compassion (ce terme étant parfois considéré en soi comme un jugement homophobe).
Le bouddhisme a généralement comme attitude de respecter les cultures et les religions d’autrui. Ce qui implique que les idées défendues par les bouddhistes peuvent différer d'une culture à l'autre et que l'on trouve des auteurs bouddhistes qui condamnent l’homosexualité. Une intervention particulièrement remarquée est celle du Dalaï Lama dans une interview donnée au magazine français Le Point du 22 mars 2001. Le dalaï-lama (dont il est généralement accepté qu'il « représente » environ 4% des bouddhistes) considère l’homosexualité comme une mauvaise conduite sexuelle. Il indique en outre que tout acte sexuel ne visant pas la procréation n’est pas acceptable du point de vue du bouddhisme tibétain gelugpa (fellation, sodomie, et même la masturbation).